Seyhmus DAGTEKIN
Nouveaux territoires du poème présentés par Seyhmus DAGTEKIN
Depuis quelques années déjà, je mène un travail au sein de la Compagnie Résonances à Paris et ailleurs, dans le but d’aller à la rencontre de certains territoires et avec le pari de susciter une parole qui peut contribuer à changer le regard que nous posons les uns sur les autres.
Pour ce premier rendez-vous, je vous propose de découvrir les textes de Samuel Lorédon avec qui je mène un travail d’écriture depuis 2004 dans ces quartiers du nord du 18e arrondissement de Paris, coincés entre les maréchaux et le boulevard Périphérique. Un no man’s land qui n’est plus Paris mais pas encore la banlieue. Samuel a voulu se présenter en ces termes : “Jeune homme de 24 ans, sans emploi, sans famille, errant de-ci, de-là. J’aime la poésie, les femmes, le sport. Je déteste l’individualisme, le tabac et le pouvoir.” Voici quelques-uns de ses poèmes :
S.D.
Samuel Lorédon
Cet été-là
Un nouveau souffle sur la ville, la triste ville dévêtue. Etre nu, de corps et d’esprit dans cet univers fait d’acier et de merde. J’ai troqué mon putain de blouson vert-printemps contre une tenue légère et transparente d’été… Les muscles tendus et l’âme en cendres, j’observe avec mes yeux haineux la nuit sauvage et volage de cet été de merde ! Je voudrais pouvoir aspiré toute l’ énergie de cette ville ténébreuse. Ma mystérieuse faim n’a d’égale que ma colère d’être considéré comme un “sous-homme” en ses lieux tristes et sans pitié. Meure Samuel, meure… Et la liberté sera tienne !
Quand le doute est roi
Je vis dans un monde sombre et mort à tout signe positif, il m’arrive souvent de me faire contrôler par le doute… Ce mal de vivre et ce sentiment de vieillesse me rongent de l’intérieur, je souffre en silence, je ne laisse pas mes émotions éclater comme un volcan, je dissimule tout à l’intérieur et je continue de douter… Je rêve d’amour, de paix, de fraternité mais cette dur réalité me force à me réveiller et je continue tristement, énergiquement et indéfiniment de douter…
La force du feu me sécurise, La force du feu me réduit …
Son inévitable présence me fait songer à un bouclier qui me protégerait du froid et du mépris des hommes… Le feu peut paraître agressif chez certain, mais chez moi il est doux, comme la tendre caresse d’une mère pour son enfant. J’arrive à sentir le bon et le bien chez cet emblématique élément qu’est le feu ! Le feu a été une indispensable découverte pour l’homme, tandis que pour moi, il n’est que douceur et poésie…
Le besoin d’être aimé, Le luxe d’être désiré, de par son beau regard, j’ai la chance d’être admiré. Cette femme m’aime plus qu’il n’en faut, je suis un privilégié. Cette overdose d’amour me renforce, me bénie, me réjouie, j’ai l’impression de rêver. Le ciel me fait signe de continuer de l’aimer, les nuages ont la forme de ses belles courbes, j’espère qu’elle et moi serons liés pour l’éternité. Nous sommes deux belles et jeunes âmes liées par l’amour, j’espère que notre destinée aura la chance de se prolonger… L’amour est essentiel et la femme est ma vision de la vie la plus illuminée…
L’homme traverse le fleuve les pieds nus, ses pas sont encrés dans l’eau, comme le passage d’un fauve après lui. L’homme après avoir traversé le fleuve, s’arrête et se paralyse, un instant, il a l’intime impression d’être un fauve ses instincts animaux font soudainement surface, la mutation s’enclenche, il devient brusquement un beau léopard élancé avec la plus belle des fourrures…
L’illusion – parfaite
Du vent, du sang, des cendres sur le long de ton beau corps de femme Sur le magnifique horizon jaunâtre d’une belle et tendre fin de journée, j’admire ta grâce indéfiniment resplendissante L’espoir n’est qu’illusion, face à ton éternelle beauté, ma ravissante et tendre princesse Toi, la princesse de mes rêves, qui chasse mes craintes, mon désarroi et mes violents et tristes cauchemars
À la vue de mon ombre fébrile, J’angoisse terriblement et je suis cette boule de nerfs actif et dépressif.
La tête chaude, les poumons en plein travaille, tels des pneus de voitures de course usés, souillés par la souffrance du sol des routes, des circuits et des virages de championnat. Le diable au corps, le ventre noué par un violent stresse, la petite goutte de sueur sur le front et pour couronner le tout, un sentiment de paranoïa.
La peur de l’autre, le mépris de soi, la jalousie, l’hypocrisie, la cupidité, la lâcheté, la haine, on dirait que le diable a pris ses marques en moi !!!
Les sports de combat, le maximum d’amour que je peux donner autour de moi, la rage de ses obstacles qu’il faut franchir, les mauvaises nuits où les cris sont de bons défoulements, les refuges multiples : virtuel, imaginaire, Tels seront mes exutoires. Le diable est élégant, parfois même insolent. Il m’a griffé le dos la nuit dernière, alors mon ego a augmenté tout bêtement. Le gentlemen qu’il est, est souvent incontrôlable.
Amoureusement vôtre, Mister Satanas.
J’admire la mer, depuis une vue aérienne. Je vole comme un oiseau avec l’océan au-dessus de moi comme seul partenaire La mer est ce jour-là d’un bleu turquoise étincelant !
J’échoue soudainement mon vol d’aigle pour faire un plongeon dans l’eau, je suis à quelques mètres de profondeur. L’obscurité gagne petit à petit la belle couleur turquoise paradisiaque que j’aimais tant.
Au fin fond de cet océan mystique, j’ai pu entrevoir une main sans vie, sans mouvement qui se trouvait là, en dessous d’un rocher et de quelques algues. Brusquement Je n’ai plus d’oxygène ! Et à cet instant-là, Nerveusement, je remonte à la surface pour respirer avec enthousiasme. Les seuls mots qui me viennent à l’esprit à ce moment-là, sont : Tout paradis a malheureusement sa part d’enfer.
Mon souvenir indélébile c’est Hytomy
Chaque jour que Dieu fait, je suis hanté par ton insistant souvenir. Je ne pense qu’à toi.
Chaque heure, chaque minute, chaque seconde qui passe n’ont d’yeux que pour toi ma tendre. J’ai le sentiment d’avoir un boulet noué à la cheville, un poids de vingt kilos attaché sur le crâne et un sac de ciment de cinquante kilos sur le dos. Le temps qui passe n’y fait rien ! Tu es mon unique et ma seule pensée !
D’une certaine façon, toute cette souffrance que j’ai pu ressentir et d’ailleurs que je ressens encore très fort à ton égard, est comme le travail d’un sculpteur : les souffrances accumulées peuvent me permettre de me forger un caractère. Parce que comme disait un certain auteur : “ce qui ne tue pas, rend PLUS FORT.”
D’ailleurs mes rêves la nuit sont à la hauteur de ton éternelle beauté et de ton prodigieux charisme. Dans certains rêves que je fais, tu me chuchotes tendrement : “Je serai Dieu et tu gouverneras le monde.” Rien qu’à entendre cette belle et douce voix, j’en suis tout ému !!!
Du rêve romantique au rêve érotique en passant aussi par les rêves mystiques, tu es ma principale inspiration pendant mes troublantes périodes nocturnes. Tu es pour moi l’eau miraculeuse qu’une belle et pauvre rose-rouge desséchée réclamerait pour survivre. Tu es mon oxygène. Je t’aime. Et je t’aimerai pour l’éternité…
Si Dieu me protège, le diable m’emportera avec toi. Loin de ce putain de monde perverti par le mensonge et la folie des hommes ! J’espère très fort que toi et moi serons unis dans l’amour tout comme dans la haine aussi, malgré les turbulences et les aléas d’un couple, et si par malheur, il devrait t’arriver quelque chose, je n’hésiterais pas à sacrifier ma putain de chienne de pourriture de vie pour préserver la tienne !!! Et puis, je suis tellement heureux d’être bercé et caressé par ton innombrable bonté. De plus, j’ai tellement peur de la vie, peur du lendemain, parfois, j’ai même peur des hommes. Tandis qu’avec toi au-dessus de moi et au-dessous de Dieu, j’ai la conscience tranquille. Je me sens en sécurité. Je me sens libre…
J’aimerais tellement faire partager tout ce bonheur au monde entier. Donner ma toute petite poussiéreuse part de lumière de bonheur à ce triste monde. La force des mots est remarquablement renforcée quand je pense à toi.
Chaque phrase, chaque mot, chaque lettre prennent un sens nouveau et sont amplifiés de bonheur et de sincérité dès que je pense à toi ma belle !!! Et enfin pour finir ce texte qui t’est consacré, j’ai décidé de te dédier une poésie avec de belles rimes comme tes belles courbes :
Je suis un homme privilégié, de part ta bonté et ton éternelle beauté…
Je suis ce garçon qui fut intimidé en voyant ce corps nu et parfait qui était le tien, dans une petite pièce étroite éclairée à la bougie dans l’obscurité, un beau soir d’été. J’étais cet homme ingrat, cupide, débile et immature, puis grâce à toi, j’ai bien vieilli, j’ai bien mûri tel un bon fruit qui va tomber de l’arbre parce qu’il est mûr… J’étais ce gamin comme tant d’autres qui rêvent d’argent, de voitures et de multiples choses futiles, et maintenant, encore grâce à toi, ma tendre, je suis devenu un homme sensible, passionné, amoureux et qui peux parfois aussi avoir des côtés fragiles comme de l’argile…
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