Victor Hugo (1802-1885) : le Titan de la Littérature Française
Biographies

Victor Hugo (1802-1885) : le Titan de la Littérature Française

Victor Hugo est une institution à lui seul. Poète, dramaturge, romancier, homme politique, il traverse le XIXe siècle avec une fécondité et un engagement uniques dans l'histoire littéraire mondiale.

Victor Hugo est peut-être l’unique exemple dans l’histoire littéraire mondiale d’un écrivain dont l’œuvre embrasse avec une égale maîtrise la poésie lyrique, le drame romantique, le roman social, la méditation philosophique, le pamphlet politique et le journalisme engagé. En quatre-vingt-trois ans de vie, il a tout traversé : l’Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet, la Deuxième République, le Second Empire (depuis l’exil), la Troisième République. Il est mort panthéonisé, honoré comme un dieu vivant. Il méritait cet honneur.

I. Vie et engagement politique

Né le 26 février 1802 à Besançon, Victor Hugo est le fils d’un général de l’armée napoléonienne. Son enfance itinérante (Elbe, Naples, Madrid) lui donne très tôt un sens du monde et de l’histoire. Dès l’adolescence, il est hanté par l’ambition littéraire : à quinze ans, il note dans son journal « je veux être Chateaubriand ou rien ». Hugo s’inscrit ainsi dans la lignée des poètes romantiques qui ont fait du poète un être d’exception chargé d’exprimer la conscience collective.

Ses premières œuvres, les Odes et Ballades (1826), sont encore marquées par le royalisme. Mais la Préface de Cromwell (1827) et son drame Hernani (1830) — dont la « bataille » est une des plus célèbres de l’histoire littéraire — font de lui le chef de file du romantisme français.

L’exil (1851-1870) est le grand tournant biographique. Hugo refuse de plier devant Napoléon III et choisit dix-neuf ans d’exil à Jersey puis à Guernesey. C’est pendant cet exil qu’il écrit les textes les plus engagés et les plus intimes de son œuvre. Il rentre à Paris en 1870, accueilli en triomphe.

II. L’œuvre poétique

L’œuvre poétique de Hugo s’étend sur soixante ans de création et couvre des registres extraordinairement divers.

Les Orientales (1829) révèlent un coloriste fasciné par l’Orient — Turquie, Grèce, Espagne — et un virtuose formel qui explore toutes les musiques possibles de la langue française.

Les Feuilles d’automne (1831) marquent le tournant intime : poèmes de l’enfance, de la famille, du foyer menacé par le temps. C’est le Hugo tendre, personnel, vulnérable.

Les Châtiments (1853), écrits dans la rage de l’exil, sont l’un des plus grands pamphlets politiques en vers de toute la littérature française. Hugo y multiplie les attaques contre Napoléon III avec une puissance satirique et lyrique sans équivalent.

La Légende des siècles (1859-1883) est l’épopée de l’humanité tout entière, de la Création au futur. Ce projet titanesque — trois volumes sur vingt ans — illustre l’ambition hugolienne : être la mémoire et la conscience de l’espèce humaine.

III. Les Contemplations

Les Contemplations (1856) est peut-être le plus grand recueil de poésie français. Hugo le présente comme les « Mémoires d’une âme » : deux parties (Autrefois, Aujourd’hui) séparées par la mort de sa fille Léopoldine en 1843.

Demain dès l’aube est l’un des poèmes les plus connus du recueil. Mais il y a aussi À Villequier, long poème de deuil d’une sincérité bouleversante ; Oceano Nox, méditation sur la mer et les disparus ; Booz endormi, poème biblique d’une beauté architecturale.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, / Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.

Ces deux vers contiennent tout Hugo : la précision temporelle, l’adresse directe à la morte, la certitude de la communion par-delà la mort.

IV. L’héritage

L’héritage de Hugo est immense et encombrant, et plusieurs de ses textes figurent parmi les poèmes les plus célèbres de la littérature française — tellement immense qu’il a fallu presque un siècle pour que les poètes français s’en libèrent suffisamment pour travailler. « Hugo, hélas ! » disait Gide, suggérant que c’est l’évidence même du génie hugolien qui pesait sur les générations suivantes.

Pourtant, les surréalistes ont cherché chez lui la liberté formelle et l’énergie visionnaire. Claudel a revendiqué son souffle. Les chanteurs français — Léo Ferré, Georges Brassens — ont mis ses vers en musique.

Il reste le poète français par excellence, non parce qu’il est le meilleur dans un genre (encore que…) mais parce qu’il incarne tous les genres à la fois : lyrique, épique, satirique, mystique, intime. Il est à lui seul une littérature. Sa présence dans les mémoires se mesure aussi au nombre de citations qui lui sont attribuées : les citations poétiques des grands auteurs{target=“_blank”} lui consacrent un corpus parmi les plus fournis de toute la littérature française.

Questions fréquentes

Les Odes et Ballades (1826), Les Orientales (1829), Les Feuilles d'automne (1831), Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856) et La Légende des siècles (1859-1883) constituent l'essentiel de son œuvre poétique.

Hugo s'est opposé au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte du 2 décembre 1851. Refusant de se soumettre, il part en exil d'abord à Bruxelles, puis dans les îles anglo-normandes (Jersey, puis Guernesey) pendant 19 ans.