« Le slam donne une voix à ceux qui se sentent invisibles » : entretien avec Léa Duval, animatrice de slam
Interview

« Le slam donne une voix à ceux qui se sentent invisibles » : entretien avec Léa Duval, animatrice de slam

Dans le panorama vibrant de la poésie contemporaine, le slam poétique occupe une place unique. Pour explorer cet univers fascinant, nous avons rencontré Léa Duval, une animatrice passionnée d’ateliers de slam à Marseille. Forte d’un parcours atypique qui l’a menée des bancs de la faculté de lettres aux scènes slam les plus vivantes de France, Léa est aussi la fondatrice du collectif « Les Voix Rebelles ». Elle nous éclaire sur les multiples facettes de cet art oral.

Qu’est-ce que le slam, ses origines et sa définition

Qu’est-ce que le slam et quelles sont ses origines ?

Le slam, c’est avant tout une forme d’art oratoire qui se distingue par son accessibilité et sa diversité. Né à Chicago dans les années 1980 grâce à Marc Smith, le slam a été créé pour rendre la poésie plus vivante et accessible, en l’ouvrant à un public plus large et en la sortant des cercles académiques souvent perçus comme élitistes. L’idée était de démocratiser la poésie, de la rendre accessible à tous, sans distinction de classe sociale ou d’éducation.

En France, le slam a pris racine dans les années 1990 et a rapidement trouvé un écho particulier dans les banlieues et les milieux urbains. Ce qui est fascinant, c’est qu’il n’y a pas de règles strictes dans le slam. Chaque slameur apporte sa propre voix, son propre style, et c’est cette diversité qui rend le slam si riche et dynamique. En effet, des événements comme le « Grand Slam National » rassemblent chaque année des talents de toute la France, mettant en lumière la variété des expressions et des thèmes abordés par les participants.

Comment définiriez-vous le slam aujourd’hui ?

Aujourd’hui, le slam est bien plus qu’un simple concours de poésie. C’est un espace de liberté d’expression où chacun peut partager ses pensées, ses émotions et son histoire. C’est un art vivant qui évolue constamment, influencé par les contextes sociaux, politiques et culturels actuels. Au-delà des mots, le slam est une performance qui mise sur l’oralité et l’engagement du corps.

La scène slam est un lieu de rencontre, de partage et de débat. Elle permet à des voix souvent sous-représentées de se faire entendre. C’est pourquoi le slam a une résonance particulière dans les milieux où l’on cherche à exprimer des revendications sociales ou personnelles. En ce sens, le slam est aussi un formidable vecteur de changement. Comme le dit Léa Duval, « le slam donne une voix à ceux qui se sentent invisibles, et c’est cette puissance collective qui peut réellement inspirer le changement. »

Quels sont les défis actuels pour le slam en France ?

Un des défis majeurs pour le slam en France aujourd’hui est de continuer à élargir son public tout en préservant son esprit inclusif et communautaire. L’équilibre entre professionnalisation et spontanéité est délicat. Léa souligne qu’il est crucial de maintenir des espaces où l’expérimentation et l’innovation sont encouragées, afin que le slam ne perde jamais sa fraîcheur et son ancrage social. Pour situer le slam dans l’histoire plus large des mouvements poétiques, on peut se référer au lexique de la poésie, qui permet de comprendre comment des formes orales et populaires ont toujours cohabité avec les formes savantes.

Atelier de slam poétique, scène ouverte et micro

La différence entre le slam et la poésie écrite classique

En quoi le slam diffère-t-il de la poésie écrite classique ?

La principale différence réside dans l’oralité. Alors que la poésie écrite classique est souvent destinée à être lue en silence, le slam est conçu pour être entendu. C’est un art de la performance où l’intonation, le rythme et la présence scénique jouent un rôle crucial. Un poème de slam vivant sur une scène prend une dimension supplémentaire qu’il n’aurait pas sur une page.

De plus, le slam est souvent plus direct et accessible. Il se nourrit de l’actualité, de l’expérience personnelle et des réalités sociales. Il n’y a pas de figures de style complexes ou de formes strictes à respecter, ce qui permet une grande liberté d’expression. Cela ne veut pas dire que le slam manque de profondeur, bien au contraire. Il peut être aussi poignant et réfléchi que n’importe quel autre poème. Léa Duval insiste sur le fait que « le slam est une poésie du quotidien, qui parle à l’instant présent et à l’individu. »

Le slam inclut-il une part d’improvisation ?

Absolument. L’improvisation est une composante essentielle du slam. Bien que beaucoup de slameurs écrivent leurs textes à l’avance, la performance sur scène laisse toujours une place à l’improvisation. La réaction du public, l’énergie du moment, tout cela influence la manière dont le texte est livré. Certains slameurs choisissent même de créer leurs textes en direct, en se basant sur les thèmes proposés par le public ou sur l’atmosphère de la soirée.

Cette dimension improvisée rend chaque performance unique. Elle permet aussi au slameur de s’adapter au contexte, de répondre à l’actualité ou aux événements qui se déroulent autour de lui. En ce sens, le slam est un art en perpétuel renouvellement, toujours en phase avec son temps. Léa se souvient d’une soirée particulièrement intense où un slameur a improvisé un texte déchirant sur les événements récents, captivant l’audience par sa spontanéité et son authenticité.

Quelle place occupe l’écriture dans le slam ?

L’écriture reste un pilier central du slam. Même si l’oralité est au cœur de cet art, l’écriture permet de structurer la pensée et de choisir les mots avec soin. Pour Léa, « l’écriture est le moment où le slameur se prépare à rencontrer son public, à travers un dialogue intérieur qui précède le partage oral. » Elle recommande d’ailleurs à ses élèves de s’appuyer sur les techniques présentées dans comment analyser un poème pour affiner leurs textes avant de les porter à la scène, et de garder un œil sur les outils de versification qui, même appliqués librement, aident à sentir le rythme d’un texte destiné à être dit.

Comment le slam touche les jeunes, les adolescents en particulier

Pourquoi le slam séduit-il particulièrement les jeunes ?

Le slam parle aux jeunes parce qu’il leur offre une tribune pour s’exprimer librement. Dans une société où les voix des jeunes sont souvent marginalisées, le slam leur donne la possibilité de partager leurs préoccupations, leurs rêves et leurs révoltes. C’est un espace où ils peuvent être entendus sans jugement, où ils peuvent explorer leur identité et leurs idées.

De plus, le slam est un moyen d’expression très accessible. Il ne nécessite pas de connaissances techniques particulières, ni d’équipement coûteux. Tout ce dont on a besoin, c’est de sa voix et de ses mots. Cette simplicité attire les jeunes qui cherchent à communiquer de manière authentique et directe. Les festivals de slam pour jeunes, qui fleurissent un peu partout en France, sont des lieux où cette génération explore ses talents et ses voix uniques.

Avez-vous des exemples de l’impact du slam sur les adolescents ?

Oui, de nombreux adolescents ont trouvé dans le slam un moyen puissant de se découvrir et de se construire. J’ai vu des jeunes timides et introvertis s’épanouir sur scène, prendre confiance en eux et nouer des liens avec d’autres slameurs. Le slam leur permet de développer des compétences oratoires, d’affiner leur pensée critique et d’apprendre à écouter les autres avec empathie.

Dans mes ateliers, je constate souvent une transformation chez les participants. Par exemple, un jeune qui avait des difficultés à l’école a réussi à canaliser son énergie et sa créativité à travers le slam. Cela a eu un impact positif sur son estime de soi et sur ses résultats scolaires. Le slam devient alors un outil d’émancipation personnelle et sociale. Léa se remémore une adolescente qui, après avoir surmonté sa timidité grâce au slam, a pris la parole lors d’un débat public, inspirant ses pairs par sa détermination et sa clarté d’expression.

Le slam peut-il aider à prévenir l’exclusion scolaire ?

Effectivement, le slam peut jouer un rôle dans la prévention de l’exclusion scolaire. En offrant un espace où l’expression personnelle est valorisée, il permet aux jeunes en difficulté de trouver leur place et de développer des compétences qui ne sont pas toujours reconnues dans le cadre scolaire traditionnel. Léa souligne que « le slam est une école de la vie où chaque mot compte et où chaque voix a sa place. » Ce constat rejoint celui d’une autre professionnelle de l’enseignement de la poésie, interrogée dans notre entretien avec une professeure de lettres, qui observe elle aussi que la lecture à voix haute change profondément le rapport des élèves au texte.

Les ateliers de slam en milieu scolaire

Comment se déroulent les ateliers de slam en milieu scolaire ?

Les ateliers de slam en milieu scolaire sont conçus pour être interactifs et participatifs. Ils commencent généralement par une introduction au slam et à ses principes de base, suivie d’exercices d’écriture et de performance. Les élèves sont invités à créer leurs propres textes, souvent sur des thèmes qui leur sont proches, puis à les partager devant leurs camarades.

L’objectif est de leur donner confiance en leur capacité à s’exprimer et à être entendus. Les ateliers sont aussi l’occasion d’aborder des sujets importants tels que l’égalité, la diversité ou la citoyenneté, à travers le prisme du slam. Ils encouragent l’écoute, le respect et la créativité. Par exemple, lors d’un atelier, les élèves ont exploré le thème de la tolérance en écrivant des textes qui reflétaient leurs propres expériences et perspectives.

Quel est l’impact de ces ateliers sur les élèves, notamment dans les quartiers prioritaires ?

Dans les quartiers prioritaires, les ateliers de slam peuvent avoir un impact significatif. Ils offrent un espace de parole à des jeunes souvent confrontés à des situations difficiles et parfois laissés en marge du système éducatif traditionnel. Le slam leur permet de s’exprimer sur leurs expériences, leurs frustrations, mais aussi leurs espoirs.

Ces ateliers favorisent également la cohésion de groupe et le respect des différences. J’ai pu observer des élèves qui, au départ, n’osaient pas prendre la parole, finir par se révéler et toucher profondément leur auditoire. Les retours des enseignants sont souvent très positifs : ils constatent une amélioration de la confiance en soi et de la capacité à communiquer de leurs élèves. Léa se souvient d’une classe qui, après avoir participé à un atelier de slam, a monté un projet de journal de classe pour continuer à exprimer leurs idées et à débattre sur des sujets d’actualité.

Comment les enseignants perçoivent-ils ces ateliers ?

Les enseignants voient souvent ces ateliers comme des compléments précieux à l’apprentissage traditionnel. Ils apprécient la manière dont le slam encourage la collaboration et stimule l’imagination. Léa remarque que « les ateliers de slam sont des moments où les élèves se découvrent autrement, et où les enseignants peuvent aussi redécouvrir leurs élèves sous un nouvel angle. »

Adolescents slameurs en atelier d'écriture, salle de classe

Les scènes ouvertes (open mic), leur fonctionnement, leur importance communautaire

Comment fonctionnent les scènes ouvertes de slam ?

Les scènes ouvertes, ou open mic, sont des événements où tout le monde peut monter sur scène pour slamer. Il n’y a pas de sélection préalable ni de jury. C’est un espace libre où chacun peut partager son texte, quel que soit son niveau d’expérience. Les règles sont simples : chaque participant a généralement trois minutes pour déclamer son poème.

Ces événements sont souvent organisés dans des cafés, des théâtres ou des centres culturels, et attirent un public varié. Ils sont l’occasion pour les slameurs débutants de se frotter à la scène et pour les plus expérimentés de tester de nouveaux textes. Les scènes ouvertes sont aussi un moment de convivialité et de partage, où l’on vient autant pour écouter que pour prendre la parole. À Marseille, par exemple, les rendez-vous mensuels organisés par « Les Voix Rebelles » sont des occasions prisées pour découvrir des talents locaux et partager un moment de poésie collective.

Pourquoi les scènes ouvertes sont-elles importantes pour la communauté slam ?

Les scènes ouvertes jouent un rôle essentiel dans la dynamique de la communauté slam. Elles permettent de créer des liens entre les slameurs, de partager des expériences et de s’inspirer mutuellement. Ces événements renforcent le sentiment d’appartenance à une communauté où chacun est accueilli et valorisé pour ce qu’il est.

De plus, les scènes ouvertes sont souvent le point de départ de collaborations artistiques et de projets collectifs. Elles nourrissent la créativité et l’innovation, en offrant un espace d’expression libre et sans contraintes. C’est aussi un moyen pour le public de découvrir de nouveaux talents et de s’immerger dans l’univers du slam. Comme le souligne Léa, « les scènes ouvertes sont le cœur battant du slam, là où se forgent les amitiés et où se construisent les futurs projets artistiques. »

Quel rôle jouent ces événements dans la promotion du slam auprès du grand public ?

Les scènes ouvertes sont essentielles pour la promotion du slam auprès du grand public. Elles permettent de rendre cet art accessible à tous, tout en démontrant sa diversité et sa richesse. Léa remarque que « chaque scène ouverte est une invitation à la découverte, un moment où le public peut se laisser surprendre par la puissance des mots et des histoires partagées. »

Les slameurs français connus et leur influence

Quels sont les slameurs français les plus connus et quelle est leur influence sur le mouvement ?

Parmi les slameurs français les plus emblématiques, on peut citer Grand Corps Malade, Souleymane Diamanka, Rouda et Nada. Grand Corps Malade, avec son style unique et ses textes poignants, a contribué à populariser le slam en France. Son succès a ouvert la voie à de nombreux artistes et a permis de faire connaître le slam au grand public.

Souleymane Diamanka, avec ses origines africaines et son style métissé, apporte une dimension interculturelle au slam. Ses textes, imprégnés de sagesse et de spiritualité, touchent un large public. Rouda, quant à lui, est connu pour son engagement social et politique, et utilise le slam comme un moyen de revendication.

Ces artistes ont non seulement popularisé le slam, mais ont aussi inspiré une nouvelle génération de slameurs, en prouvant que cet art peut être à la fois populaire et engagé. Leur influence dépasse le cadre de la scène slam, car ils ont réussi à intégrer le slam dans la culture française contemporaine. Des festivals comme « Paris Slam » ou « Le Mans Cité Chanson » témoignent de cet engouement et de l’impact de ces pionniers sur la scène nationale. Cette énergie de l’oralité et de l’engagement social trouve un écho dans d’autres traditions poétiques francophones, comme le rappelle notre partenaire québécois Émile Nelligan, où la parole poétique a aussi servi à affirmer une identité collective.

Comment ces figures influencent-elles les jeunes slameurs ?

Les jeunes slameurs voient en ces figures des modèles à suivre, tant sur le plan artistique que personnel. Ils sont inspirés par leur parcours, leur succès et leur engagement. Ces artistes montrent qu’il est possible de vivre de sa passion et d’utiliser le slam pour transmettre des messages forts.

En outre, leur présence médiatique contribue à donner de la visibilité au slam et à attirer de nouveaux adeptes. Les jeunes slameurs se sentent encouragés à explorer leur propre style et à développer leur voix unique. Ils comprennent que le slam est une plateforme puissante qui leur permet de s’exprimer et de se faire entendre. Léa observe que « les jeunes voient en ces artistes la preuve qu’avec passion et détermination, on peut toucher les cœurs et les esprits. »

Quel est l’avenir du slam en France selon vous ?

Léa est optimiste sur l’avenir du slam en France. Elle croit que le mouvement continuera de s’étendre et de se diversifier, attirant une nouvelle génération de poètes et de performeurs. Elle espère que le slam continuera à être un espace où chaque voix peut trouver sa place, indépendamment des barrières sociales ou culturelles. Elle voit d’ailleurs dans cette vitalité un prolongement direct de ce que représente être poète aujourd’hui : une pratique vivante, ancrée dans le présent, qui refuse de s’enfermer dans une seule forme.

L’oralité comme retour aux sources de la poésie

Comment le slam représente-t-il un retour aux sources de la poésie ?

Le slam, en tant qu’art de l’oralité, renoue avec les origines de la poésie qui étaient avant tout orales. Avant l’invention de l’écriture, les poèmes étaient transmis de bouche à oreille, à travers les générations. Les poètes comme Homère ou les troubadours du Moyen Âge composaient et récitaient leurs œuvres à voix haute, pour des auditoires souvent attentifs et participatifs.

En revenant à la performance orale, le slam redonne vie à cette tradition millénaire de la poésie vivante. Il rappelle que la poésie est avant tout un art de la parole, destiné à émouvoir, à questionner et à rassembler. Le slam, comme les récits épiques d’autrefois, crée un lien direct entre le poète et son public. Léa souligne que « le slam, c’est un retour à l’essentiel, à l’écoute active et à la communauté. »

Quel est l’impact de cette tradition orale sur la perception de la poésie aujourd’hui ?

Cette résurgence de l’oralité redéfinit la perception de la poésie. Elle la rend plus accessible, plus dynamique et plus proche des préoccupations quotidiennes des gens. Le slam montre que la poésie n’est pas figée dans des livres poussiéreux, mais qu’elle est vivante et évolutive.

Cette approche permet aussi de toucher des publics qui ne se sentent pas concernés par la poésie traditionnelle. En intégrant des éléments de la culture populaire et de l’actualité, le slam élargit les horizons et démontre que la poésie peut être un outil puissant pour comprendre et interroger le monde qui nous entoure. Léa constate que « le slam change la manière dont les gens perçoivent la poésie, en la faisant sortir des sentiers battus pour la ramener au cœur des discussions sociales. »

Le slam peut-il transformer notre rapport à la culture ?

Le slam a effectivement le potentiel de transformer notre rapport à la culture. En mettant l’accent sur l’expression personnelle et collective, il pousse à reconsidérer la place de la culture dans notre quotidien. Léa croit que « le slam est un miroir de notre société, un reflet de nos luttes et de nos espoirs, et en ce sens, il est une force de transformation culturelle. »


En conclusion, le slam poétique est bien plus qu’une simple forme de poésie. C’est un mouvement culturel qui invite chacun à prendre la parole et à partager son histoire. Grâce à des figures emblématiques, à des ateliers inclusifs et à des événements communautaires, le slam continue de se développer et d’influencer des générations de poètes en devenir. Léa Duval, à travers son engagement et ses ateliers, contribue activement à cette dynamique, rendant le slam accessible à tous et permettant à chacun de trouver sa voix. Pour les adolescents et les adultes qui souhaitent franchir le pas et écrire leurs propres textes, apprendre l’écriture créative{target=“_blank”} constitue une excellente porte d’entrée complémentaire aux ateliers de scène.

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Questions fréquentes

Le slam est une forme de poésie orale et performée, née à Chicago dans les années 1980 grâce à Marc Smith, puis implantée en France dans les années 1990. Contrairement à la poésie écrite classique, le slam est conçu pour être dit à voix haute devant un public, sans règle de forme imposée, en trois minutes maximum lors des scènes ouvertes. Il se nourrit de l'actualité, de l'expérience personnelle et des réalités sociales, avec une grande liberté d'expression.

La différence essentielle est l'oralité : la poésie écrite classique est pensée pour la lecture silencieuse, tandis que le slam est une performance vivante où l'intonation, le rythme et la présence scénique comptent autant que le texte lui-même. Le slam laisse aussi une large place à l'improvisation, alors que la poésie écrite est généralement fixée définitivement sur la page une fois publiée.

Un atelier de slam commence en général par une introduction aux principes de base du slam, suivie d'exercices d'écriture guidée sur des thèmes proches du vécu des élèves, puis d'une phase de restitution où chacun est invité à dire son texte devant la classe. L'objectif est de développer la confiance en soi, l'écoute et la capacité à s'exprimer, en particulier dans les quartiers prioritaires où ces ateliers ont un impact social démontré.

Grand Corps Malade reste la figure la plus populaire du slam français, ayant contribué à faire connaître cet art au grand public. Souleymane Diamanka, Rouda et Nada comptent également parmi les voix marquantes du mouvement, chacun apportant une sensibilité et un engagement différents, entre poésie intimiste, dimension interculturelle et revendication sociale.